• Please Like Me, delicately

    Grâce à la communauté sériephile twitter, j'ai pu suivre, de loin, le festival Séries Mania auquel je me suis promis d'assister l'an prochain. De tweets en live-tweets, j'ai vu passer plusieurs fois des avis très positifs sur Please Like Me, série australienne de format court, écrite et interprétée par Josh Thomas. (Et très bien réalisée, avec mention spéciale pour la musique qui donne parfaitement le ton.)

    Please Like Me, delicately

    Si l'idée de départ ne me déplaisait pas - un jeune homme de 20 ans réalise que finalement il préfère peut-être les garçons et dans le même temps sa mère fait une tentative de suicide au paracétamol -, je n'avais cependant pas très envie de me lancer dans une série au climat pesant. Ces derniers temps, mes goûts me portent vers du léger, du Bunheads et des rattrapages de Parks And Recreation, et surtout rien d'anxiogène. Clairement, je craignais un nouveau Queer as Folk (UK) ou un nouveau syndrome David Fisher. J'ai beau aimer profondément ces deux séries, ce n'est pas du tout ce dont j'ai besoin ou envie en ce moment.

    C'est donc sans grande conviction que j'ai lancé le pilot, vendredi soir sur les coups de 22h. Le lendemain matin j'avais terminé la (très courte) première saison et je n'ai rien pu regarder d'autre de la journée tant je voulais que les personnages et l'ambiance continuent d'occuper mes pensées (mes émotions?).

    Please Like Me est la preuve, s'il en est encore besoin d'une, qu'une grande série ne nécessite pas un concept. Car cette dramedie (c'est probablement la dénomination "la moins erronée" qu'on puisse lui attribuer) a le sujet le plus banal qui soit: Josh, 20 ans, vient de se faire larguer par sa copine qui lui apprend gentiment qu'il est sans doute gay. Ses parents sont fraîchement divorcés, son meilleur ami est embourbé dans une histoire sentimentale et vient d'hériter d'un nouveau collègue: un Apollon gay qui semble trouver Josh à son goût.

    Please Like Me, delicately

    Là où Please Like Me brille ce n'est pas "en dépit de" son sujet banal mais grâce au traitement qui sublime cette trame classique. La série est drôle, parfois très, mais jamais aux dépens de ses personnages, toujours avec eux. Pendant tout le pilot j'ai attendu avec appréhension le moment où le ton "déraperait", où les personnages feraient quelque chose qui mettrait mal à l'aise le spectateur. (J'ai personnellement un énorme souci avec l'embarras: je ne supporte pas, presque physiquement, d'assister à une scène gênante. Le Young Adult de Jason Reitman, et surtout sa scène de conclusion avec humiliation publique, m'a fait fermer les yeux et me boucher les oreilles en pleine salle de cinéma. Déjà, enfant, je ne supportais pas Donald Duck parce qu'il se ridiculisait toujours.) Dans Please Like Me, les situations embarrassantes ne manquent pas mais elles sont écrites et jouées avec tant de tendresse que l'on n'est jamais mal à l'aise pour les personnages. Un véritable tour de force.

    Please Like Me, delicately

    Cela tient sans doute au fait que les personnages, bien qu'accumulant erreurs et maladresses, cherchent à bien faire. Je ne m'identifie à aucun d'entre eux et pourtant tous me touchent. Le décalage, presque poétique parfois, de leurs actions et réactions sonne juste parce qu'il sert toujours les personnages, parce qu'il est toujours motivé.

    Une série sur le fil, dont la trame aurait pu faire l'objet d'un drame HBO, mais qui a préféré la légèreté, pas celle qui ne sert qu'à cacher les trous d'un propos creux, mais celle qui serre le coeur de bonheur. Please Like Me joue les équilibristes avec une facilité déconcertante, toute en délicatesse, en tendresse et en sincérité.

    « (po-hate)"For the love of God, tell a joke." »

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  • Commentaires

    1
    Lundi 29 Avril 2013 à 17:11

    Je connais pas du tout cette série mais ton article donne très envie de la découvrir. Il est tout en tendresse, à l'image de ce que tu sembles avoir apprécié dans cette série. Je vais arrêter de te lire tant que je ne me serai pas mise à jour dans tout ce que j'ai commencé, ça t'apprendra (na !).

    (Sinon je viens de mater l'épisode 5 de la saison 8 de Supernatural et je voulais juste te dire que je trouve Castiel trop sexy dans son imper crasseux. Quant à Benny, il a des yeux d'un bleu OMG. C'était l'instant midinette. Désolée^^)

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