• Philoséries "The West Wing" - compte-rendu lacunaire (partie 5)

    Vendredi 5 et samedi 6 juillet s'est déroulée à Paris la 5ème édition de Philoséries, rencontres universitaires pluridisciplinaires sur les séries.

    Je n'ai pas assisté à tout le colloque mais seulement aux deux matinées dont voici les compte-rendus.

    Avertissement: ce billet de blog a valeur informative, vous ne trouverez ici que des résumés des communications passés au crible de ma propre appréciation. J'ai fait de mon mieux pour rendre avec le plus de fidélité possible les intentions de chacun, pour ne pas trahir leurs propos. Ces deux journées sont destinées à être publiées en actes de colloque et en aucun cas je ne prétends me substituer à cette initiative, mais au contraire donner peut-être envie à certains sériephiles de se procurer cet ouvrage à paraître. De plus, cela pourrait permettre de promouvoir un événement qui en a bien besoin (nous étions moins de 20 dans la salle, ce qui est à mettre sans aucun doute au compte du manque de communication autour de ces journées).

    Mes remarques personnelles sont en italique, le choix des images d'illustration est de moi. Tout le reste relève du résumé des analyses proposées par les intervenants.

    Philoséries "The West Wing" - compte-rendu lacunaire (partie 5)

    5) Ophir Levy, Projectiles: quelques suggestions concernant l'usage du plan-séquence

    L'intervenant assimile les silhouettes traversant le cadre lors des Walk and Talk à des projectiles. Il file la métaphore: on pourrait parler d'une balistique de la parole et du mouvement, où mots et gestes s'écoulent en rafales. C'est ce qui donne complexité et qualité à la réalité proposée par le plan-séquence. Ce dernier, qui est devenu la marque de TWW grâce à Thomas Schlammee, permet de rendre sensible la parole, avec virtuosité. La parole est alors mise en scène comme pouvoir et comme ivresse.

    Ce qui est remarquable c'est qu'il y a une opposition entre l'acte de parler qui est continu et les conversations qui sont discontinues, sans cesse coupées, reprises, se chevauchant. En fait il ne faudrait pas parler de Walk and Talk mais de Walk/Talk. Car les deux actions sont intimement liées. Les personnages forment leurs pensées en marchant (ce qui est un motif récurrent de la philosophie).

    Cependant, le Walk/Talk n'est pas une marche apaisante, c'est au contraire une dépense d'énergie. Les paroles tournent souvent à vide, entre érudition difficile à saisir et mots d'esprits. Cette parole, qui échappe souvent à toute effectivité ou à toute utilité, ennivre aussi bien les spectateurs que parfois les personnages eux-mêmes. Mais il arrive souvent qu'un mot placé au bon moment devienne de l'action. Car c'est là toute la nature du politique: des paroles qui s'échangent sans fin jusqu'au moment où l'une d'entre elles fait mouche et peut entraîner une action sur le réel.

    Pour Ophir Levy, le plan-séquence a, au début de la série en tout cas, pour véritable nature de montrer Sam Seaborn marchant vers son destin de président.

    ____________________________________________________________________

    Pour le plaisir, deux vidéos:

    La réunion Walk and Talk de Funny or Die

    La parodie de Mad TV

     

    « Philoséries "The West Wing" - compte-rendu lacunaire (partie 4)"Parce que c'était lui, parce que c'était moi." »

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :