• Ode à Dean

    J'ai découvert Supernatural cette année. Comprenez par là que j'ai regardé les sept saisons en quelques mois, "englouti" serait d'ailleurs un terme plus juste. L'an dernier, à la même période, j'avais fait pareil avec The West Wing. Oui, j'aime bien varier les genres...

     

    Supernatural est la série divertissante par excellence pour moi. Des monstres et des démons, des loners et de la mythologie, des personnages récurrents, des États américains parcourus en voiture sur fond de rock n'roll. Le tout avec une écriture qui, si elle reste simple et peu métaphysique, sait se montrer solide et cohérente. Une série à l'esthétique et aux premières saisons fondamentalement imprégnées par l'ancêtre X-Files, ce qui s'explique par la présence du maître d'oeuvre Kim Manners qui a su poser sa griffe. Supernatural sait faire peur et sait me faire grimacer de dégoût devant mon écran, comme peu de séries de networks osent encore le faire. C'est une série qui sait se moquer d'elle-même avec délectation, nous offrant des perles post-modernes sans jamais se prendre la tête. "Changing channels", mais surtout "The French Mistake" en témoignent, me rappelant un certain "Hollywood A.D." (X-Files, 7x19). Sans parler de ses héros qui, ne connaissant pas la bouteille d'eau, ne sont jamais très loin d'une bonne bière. 

    Mais surtout il y a Dean.

    Ode à Dean

    N'ayez crainte, ce billet ne va pas se transformer en déclaration d'amour de midinette façon skyblog. Certes, le monsieur n'est pas désagréable à regarder (ce qui, par rapport à son frère est un plus non négligeable), mais ce n'est pas le sujet. Mon amour pour ce personnage est finalement bien emblématique de mon amour pour la série. Dean est joué par un acteur, Jensen Ackles, qui fait correctement son boulot et bénéficie d'un capital sympathie assez important (euphémisme). Ce n'est pas le meilleur acteur de la télévision US mais il incarne son personnage de manière solide. Et surtout c'est un héros.

    Après tant de personnages humains trop humains aux failles tellement exposées qu'elles nous aspirent (qui ne s'est pas abîmé en même temps que Nate Fisher?), après les anti-héros torturés à la morale trouble pour lesquels bien et mal ne sont qu'une affaire de points de vue, j'aime le confort que Dean m'apporte. Le confort d'un personnage qui boit sans que les scénaristes se sentent obligés de le faire passer par les AA, qui aime les filles sans que cela pose un problème moral, qui ravale souvent ses larmes (sauf une fois, assis sur le capot de la voiture, à propos d'une certaine expérience infernale, dans une scène que tous se rappellent) et qui semble imbattable. Le sens de la mission et le quotient de badass attitude le plus élevé des networks aujourd'hui.

    Ode à Dean

    Cette permanence, cette assurance que Dean sera toujours celui qui se bat, celui qui revient de tout, et même de l'enfer, juste pour savourer un hamburger et lancer un sourire en coin, voilà ce que j'aime dans Supernatural. Je ne veux pas que cette série change, je veux, semaine après semaine, le plaisir retrouvé de regarder Dean jouer les héros, vacillant de temps à autre mais se relevant toujours, faire des allusions salaces, dans cette ambiance 100% testostérone que mon cerveau de féministe élevée à Joss Whedon réprouve pourtant de temps à autre.

    Je serais bien incapable de vous résumer les sept saisons, ni même de vous retracer la mythologie de la série plus loin que les deux dernières années. Chaque nouvelle saison effaçant un peu les anciennes qui se mêlent toutes dans ma mémoire pour créer cette gigantesque image de deux frères taillant la route, de motels pourris en diners graisseux, sur fond d'AC/DC.

    Je me demande si finalement je n'ai pas à Supernatural la relation sérielle la plus pure qui soit. Un simple bon divertissement, dont chaque épisode suspend le temps, qui parle davantage à mes émotions qu'à ma capacité d'analyse. Avec Supernatural je vis la série au temps présent. Dean serait finalement assez d'accord avec ma façon de regarder ses aventures. Surtout lorsqu'on sait que son personnage est, comme me l'a fait remarquer @morganeclara, directement inspiré du Dean de On the Road de Jack Kerouac.

    Carry on my wayward son...

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 5 Octobre 2012 à 11:03

    Très bel ode.

    Pour ma part, je suis plutôt Sam. On n'en a déjà un peu discuté sur Twitter, je ne vais pas faire d'ode ici. C'est ton site, après tout.

    Néanmoins... ;-)

    Néanmoins, je remarque que cette série révèle les 2 types de gars, que nous (les filles) aimons (ou détestons).
    D'un côté, le bad boy. Combien de filles ici ne s'est dit pas qu'elle est toujours attirée par ce genre de gars (et combien de fois j'ai entendu ça chez une fille dans les séries d'ailleurs) : il pourrait faire du mal pour son propre ego (pour manger un gros sandwich ou pour du sexe avec une fille, dans le cas de Dean). Mais ce bad boy n'est pas si mauvais, puisqu'au fond, il est bon (dans le sens gentil). Ce n'est pas pour rien que ce Dean est si spécial aux yeux de Là-Haut.
    De l'autre côté, on a le gars tout lisse en apparence. C'est peut être pour ça que certaines (dont toi?) n'aiment pas Sam. Au delà du physique (je peux comprendre qu'on n'aime pas. Mais perso, c'est mon genre. Quoique, le contraste entre les 2 physiques - Dean costaud et Sam minet - est visible aussi #amha), son personnage est trop gentil peut être : toujours à vouloir aider les plus faibles. Mais ce gentil garçon n'est pas si bon, puisqu'au fond, il a le mal en lui. Sam est d'ailleurs le véhicule du Mal.

    Pour conclure, je préfère les gentils garçons en apparence, mais diaboliques à l'intérieur.

    2
    Mardi 13 Novembre 2012 à 01:38

    Je n'en suis qu'aux débuts de la série mais c'est déjà incroyablement addictif. Même la trouille que je sais que je vais ressentir, même ces scènes que je n'ai pas envie de regarder car je sens qu'elles vont me terrifier, je ne peux déjà plus m'en passer. Alors comme une certaine Amdsrs m'a dit que la moitié de la première saison était sympa mais sans plus et comme je suis déjà accro au bout de six épisodes, je pense que Dean et Sam vont me tenir chaud durant les longues soirées de l'hiver qui s'annonce. Quand j'aurai suffisamment avancé pour avoir des choses à dire, je reviendrai poster un commentaire constructif (mais d'ici là, j'aurai sans doute publié un article de midinette sur mon blog, on ne se refait pas^^).

    PS : j'ai enfin réussi à mettre un lien vers ton blog, je trouvais plus la manip pour le faire ; en fait c'était trop simple -_-

    3
    Mercredi 9 Janvier 2013 à 14:36

    Je viens de relire ton article (j'en suis dorénavant au milieu de la saison 4 : je viens de visionner l'épisode où Dean évoque son expérience infernale, celui que tu mentionnes dans ton article) et je constate que je suis carrément d'accord avec toi. Je comparais avec d'autres séries basées sur des intrigues plus complexes et auxquelles on pardonne un épisode un peu plus faiblard de temps à autre. Avec Supernatural, j'ai le plaisir de me laisser emporter par chaque épisode même si je connais les codes, même s'ils fonctionnent tous plus ou moins sur le même schéma. Comme tu l'as souligné, c'est du pur divertissement. Et ce qui est chouette (en tout cas jusqu'ici), c'est que ça ne faiblit pas. Par contre, je suis un poil moins manichéenne que toi^^, même si -bien sûr- je préfère Dean, je trouve que Sam est un personnage très intéressant et qui me touche aussi. Les deux héros s'équilibrent parfaitement. Merci encore pour la découverte, j'ai envie de te dire que tu es de bon conseil mais ce n'est pas comme si tu ne le savais pas ! ;-)

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