• "Mes moments à moi"

    Fidèle lectrice de pErDUSA, depuis les tops 10 d'EDUSA (ici) que je relis encore de temps en temps jusqu'à leurs "10 ans de séries en 100 moments", et picoreuse assidue du Daily Mars dont je dévore en ce moment les "100 moments de télé", l'envie m'est forcément venue d'en faire autant. 

    J'ai essayé de ne pas sélectionner les mêmes moments, mais ça tombait bien car, si en lisant perdusa ou le daily je me suis souvent dit "han! oui! cette scène!" avec émotion ou enthousiasme, il s'avère qu'en dressant ma liste je me suis rendue compte que mes moments à moi étaient bien souvent différents. Et ce sans que je n'aie à exercer de tri ou de censure.

    Est-ce que ce sont des grands moments de télévision? Objectivement (si tant est qu'il y ait une forme d'objectivité à ce sujet), rarement. Ce sont "mes" moments à moi. Ceux qui m'ont marquée parce qu'il s'adressait à une partie trouble de ma psyché, à un souvenir ou simplement parce que les circonstances dans lesquelles j'en ai fait l'expérience ont gravé durablement ces scènes dans ma mémoire.

    1ère partie:

    1) TORCHWOOD - Children of Earth

    Il était normal que je commence par cette scène car c'est en apprenant que Sullivan Le Postec l'avait honteusement oubliée dans son top 100 que je me suis décidée à faire ce billet.

    Nous sommes au milieu de l'épisode 4 et dans une salle du 10 Downing Street, le ministre de la Défense, le Premier Ministre et plusieurs autres hauts dignitaires politiques et militaires discutent froidement des enfants qu'ils vont sacrifier. Parce que les 456 exigent 10% des enfants de chaque pays, parce que ces enfants doivent être délivrés par le gouvernement, s'impose alors la question insoutenable du choix. 

    Dans une scène où la tension n'est créée que par des paroles échangées, s'établit alors une discussion d'apothicaire qui a de terrible cet aspect justement froid et rationnel. Car lorsqu'on vous demande de commettre l'horreur, vous vous réfugiez dans la rationnalisation et vous substituez à la morale la logique mathématique.

    En faisant admettre aux personnages que la raison du plus grand bien (sauver 90% des enfants) justifie le sacrifice, en faisant reposer le choix sur des données mathématiques (livrer les enfants des écoles aux plus faibles résultats afin que la perte démographique ne pèse pas sur le fonctionnement du pays qui a besoin d'élites et de travailleurs manuels mais pas de futurs chômeurs), Russell T. Davies illustre magistralement le conséquentalisme, cette position éthique dont Gregory House est le plus flamboyant représentant à la télévision. Et de livrer ainsi une des scènes les plus glaçantes de la télévision parce qu'on ne doute pas un seul instant de son réalisme.

     

    2) ALIEN NATION

    Je me suis rendue compte récemment qu'Alien Nation (vieille série de la fin des anées 80) est la première série de SF que j'ai vue. C'était sur SérieClub (cette chaîne a fortement contribué au développement de mon addiction) et j'avais une douzaine d'années je crois. Si j'ai oublié bon nombre des intrigues, je me souviens très nettement du puissant effet qu'a eu sur moi une scène du pilot.

    Alien Nation est une série de SF sans vaisseau spatial, sans planète étrangère. Car l'étranger est venu chez nous. L'idée géniale de départ est le crash sur terre, dans un futur poche, d'un vaisseau spatial plein de "Newcomers", des extraterrestres destinés à l'esclavage dans une civilisation lointaine. C'est là l'origine de la série qui est en fait un cop show mettant en scène l'habituel duo: Matt, un flic un peu rebelle mais gentil et George, un de ces newcomers, père de famille et très respectueux des lois. La série n'aura alors plus de SF que la présence de ces aliens sans cheveux et de leur technologie. Mais tout cela n'est que prétexte à une réécriture de l'histoire américaine, entre ségrégation et mythe du pionnier, et à une fable sur la différence culturelle, les difficultés à cohabiter même en cas de bonne volonté et la tolérance.

    La scène en question, qui m'a donné des frissons lorsque j'étais enfant, se passe dans le pilot. George et Matt sont appelés à l'école de la fille de George, et se joue alors la réécriture de l'histoire de Ruby Bridges, première petite fille noire à avoir intégré une école de blancs. C'est simple mais puissant. Surtout pour une petite téléspectatrice de 12 ans.

     

    3) DEAD LIKE ME

    Je finis cette brève 1ère partie sur une autre scène liant enfance, surnaturel et exécution bouleversante. Lorsque la SF et le fantastique parviennent à être plus magnifiquement et émotionnellement authentiques que le genre dit réaliste.

    Dans la petite équipe de faucheurs d'âmes, Ruben est celui qui reste le plus grand mystère pour le spectateur et les autres personnages. Mort et devenu Reaper alors que sa fille n'avait que 6 ou 7 ans, il a fait de son enfant une orpheline jamais revue. Et c'est alors qu'elle s'apprête à son tour à mourir,  paisiblement, qu'il la retrouve. Elle est gentiment démente et reconnaîssant son père, se retrouve petite fille. Mandy Patinkin en profite pour nous rappeler ses talents de chanteur, dans une interprétation sur le fil d'"Always".

     

     

     

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