• Les têtes à petits pains

    Le nuage noir du dimanche soir n'a que peu de remèdes. La série pilou en est parfois un. Celle de ce soir c'est Bunheads, une série d'Amy Sherman-Palladino à qui l'on doit Gilmore Girls. Pour ceux qui ont aimé les filles Gilmore, aucun argumentaire n'est nécessaire: vous allez aimer Bunheads, point. Bien qu'ayant sa personnalité propre, Bunheads a toutes les qualités de sa grande soeur (dans les premières saisons en tout cas), peut-être même en mieux. Ça parle très vite, c'est référencé (mais moins que Gilmore Girls), c'est drôle, c'est simple mais fin et parfois loufoque.

    Les têtes à petits pains

     

    Le titre fait référence aux surnoms des danseuses classiques: les têtes à chignons (les buns c'est aussi des petits pains). Car la série se déroule dans le cadre d'une école de danse, mais ce n'est pas une série sur la danse. (D'ailleurs la danse moi j'aime pas ça et ça ne m'a jamais fait rêver. Vous pouvez donc mesurer à quel point ce n'est pas du tout un critère pour apprécier la série.)

    Le pilot de Bunheads est presque plus un prologue qu'un pilot car finalement la série ne commence à réellement prendre son rythme qu'à partir du 2ème épisode. En effet, le pilot s'achève sur un événement déterminant qui scelle le destin des personnages. Ces personnages quels sont-ils d'ailleurs? Michelle, une danseuse de revue à Las Vegas qui était pourtant promise à un bel avenir dans des milieux plus respectés de la danse, se retrouve coincée à Paradise, une petite ville totalement irréaliste. Coincée, elle l'est avec sa nouvelle belle-mère (Emily Gilmore) qui tient le studio de danse classique de la ville.

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    La parfaite Sutton Foster.

    Outre les relations houleuses bien que respectueuses que ces deux femmes entretiennent, on suit quatre adolescentes, élèves de ballet: Sasha (qui tient le haut de la rampe dans l'école mais aussi pour les scénaristes qui lui consacrent une bonne partie des intrigues adolescentes), Boo (qui avec sa douceur est le personnage le plus agréable parmi les jeunes dans la première moitié de saison) et enfin, plus en retrait jusqu'à l'épisode 9, Mel et Ginny. Ces deux-là sont enfin dotées de leurs propres storylines en deuxième partie de saison et c'était une riche idée.

     

    Les têtes à petits pains

    Boo, Sasha, Melanie et Ginny.

    Mais la raison pour laquelle cette série a un tel effet "baume", c'est que je voudrais vivre dans cette ville. Paradise c'est Stars Hollow, Cicely, Elmo ou Bluebell, mais avec beaucoup moins de décors. Ce qu'il y a d'irréaliste dans cette ville c'est, outre le taux de criminalité en-dessous de zéro, l'impression que chaque personne rencontrée acceptera de jouer un rôle dans votre petit manège intérieur: alors que vous errez sans but un inconnu vous confiera son chien à promener, un marchand de parquet acceptera votre petite joute verbale sarcastique et vous rendra parfaitement la réplique, un adolescent acceptera sans sourciller votre attitude soudaine et étrange consistant à lire son livre de trigonométrie par dessus son épaule pendant que vous faites la queue. Les conflits sont nombreux mais jamais menaçants, le climat est doux et l'angoisse ne fait pas partie de cette ville. Même quand les personnages sont en souffrance (et ils le sont, ce n'est pas une sitcom), on a de l'empathie pour eux sans pour autant que leur mal-être ne s'immisce en nous.

    Les têtes à petits pains

    Car cette série sait se montrer très réaliste dès lors qu'elle aborde les sentiments. C'est probablement le plus grand talent d'Amy Sherman-Palladino: réussir à mêler dans un même personnage les plus extravagantes manies et les plus réalistes et touchantes réactions.

    Je crois qu'aujourd'hui Bunheads me parle plus que Gilmore Girls. Parce que cela fait longtemps que je ne me sens plus comme Rory (et grands dieux j'espère ne jamais avoir été aussi chiante qu'elle dans les dernières saisons) et que je ne suis pas mère comme Lorelai. Par contre, les interrogations de Michelle sur son avenir, sur les décisions qu'on prend ou qu'on laisse filer, le point qu'elle est forcée de faire sur sa vie, voilà ce qui résonne en moi en ce moment.

    Donc pour résumer: Bunheads, allez au-delà des 2 premiers épisodes et vous risquez d'être séduits par cette série drôle, touchante, qui mettra de la douceur et de la lumière dans vos soirées moroses. (On dirait une pub pour de la lessive. Alors disons une lessive qui sent bon, qui fait du bien quand on plonge son nez dans des draps fraichement lavés et qu'on respire un grand coup.)

    Et oui c'est une série qui n'a que des personnages féminins mais ce n'est pas une série cheesy. (Et puis, si moi j'adore Die Hard, y a pas de raison que les garçons ne puissent pas aimer Bunheads.)

    Ah, et il y a des scènes de danse, peu (à peine une par épisode) et toujours avec un vrai contenu émotionnel. Les seules scènes de danse que je me repasse pour le plaisir. C'est dire.

    Allez, tout le monde croise fort tous les doigts pour que la série ait une deuxième saison!

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