• J'ai envoyé la miss au séminaire

    Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir @capecodmiss pour cette nouvelle rubrique: Guest Stars. Dans un texte garanti zéro spoilers, elle nous donne son avis sur la création originale d'Arte, Ainsi soient-ils.

    (Je me suis retrouvée dans la description de son rapport aux séries françaises et pourtant elle m'a convaincue d'essayer cette petite dernière qui semble avoir tout d'une grande.)

    Bienvenue à Capecodmiss!

     

     

     

    Hier soir fut une soirée de premières pour moi. C’est ce soir là que j’ai pu visionner sur grand écran, au sein d’une salle de cinéma, et donc dans d’excellentes conditions, deux épisodes de série. Pour être honnête , j’avais déjà eu l’occasion de savourer des extraits de série (The West Wing et de Friday Night Lights) lors d’éditions de Sériemania. Même en étant bien plus sériephile que cinéphile, il est certain que regarder une série TV sur grand écran constitue un énorme plaisir, accentué par l’immersion procurée par la salle de cinéma (pas de possibilité de tweeter,..).

    Pour succéder à ces deux séries, très chères dans mon coeur de sériephile, il ne fallait pas n’importe quelle série! C’est finalement le hasard qui en aura décidé! Suite à un tweet, j’ai participé sur un coup de tête à un concours sur la page Facebook d’Arte séries, et gagné une invitation pour la projection des deux premiers épisodes de de la série Ainsi soient ils ce lundi soir!

    J’étais un peu passée au travers du buzz de la série, ne lisant que quelques avis, la plupart élogieux. Néanmoins, chaque matin et soir, dans le métro, depuis quelques temps, l’image de ces soutanes et bibles imprégnait petit à petit mon cerveau, au point que je m’étais promise de regarder cette série lors de sa diffusion. Mais sans ce concours et cette projection, j’aurais certainement succombé au mal qui m’afflige dès lors qu’il est question de fiction française: même en ayant lu des critiques dithyrambiques, je finis inévitablement par ne pas regarder la série en question, ou alors par ne regarder que de brefs extraits, invoquant de fausses excuses qui pourraient être mises à mal par toutes les solutions de replay existantes aujourd’hui! Avoir été biberonnée aux séries américaines, et me contenter d’un confort agréable et rassurant en évitant toute forme de fiction française ( avec des arguments à base de “Joséphine “ et “Sous le Soleil”), tout en ne me permettant que de rares incursions dans la culture télévisuelle de nos amis étrangers (bientôt le retour de Borgen sur Arte d’ailleurs!) m’a conduit à cette jolie découverte qu’est Ainsi soient ils. En effet passer du médiocre à la qualité peut provoquer un choc!

    C’est donc hier soir que, pour la première fois, j’ai regardé une série française avec intérêt, curiosité, mais surtout l’envie de découvrir la suite absolument! Et pourtant je n’ai pas subi de lavage de cerveau lors de cette soirée (j’ai bien fait attention à ne rien avaler)! Pourquoi autant d’enthousiasme alors que d’autres séries françaises ont elles aussi fait preuves de qualités ces derniers temps (Fais pas ci Fais pas ça par exemple pour ne citer qu’une série qu j’ai visionnée)? Tout simplement parce que cette série regroupe de nombreuses qualités que j’aime retrouver dans les les fictions TV. L’univers traité, clérical, qui nous plonge dans les arcanes d’un séminaire, est original, et teinté de nouveauté. Qu’il est frais de pénétrer dans un univers neuf, loin des commissariats, tribunaux, et hôpitaux! Evidemment, traiter d’un monde secret et inconnu comme l’est celui de l’église, c’est audacieux, mais aussi très risqué! Après visionnage des deux premiers épisodes, force est de constater que le pari a été relevé avec réussite! Sans être une grande spécialiste du monde ecclésiastique, les scènes qui nous sont présentées semblent toutes empreintes d’une grande crédibilité, avec une reconstitution minutieuse. À aucun moment la reconstitution ne semble déplacée, avec des éléments apportés uniquement pour l’intrigue. On est loin de Révolution qu’on peut passer son temps à regarder avec un oeil critique sur l’ensemble des décors.  

    Du côté des personnages, nous avons une vraie série chorale, aucun personnage n’étant trop mis en avant par rapport aux autres (même si deux séminaristes sont plus développés, il est certain que les autres le seront davantage plus tard). Les cinq séminaristes aux parcours radicalement différents nous sont présentés en quelques scènes, assez démonstratives (l’expression “scènes d’expositions” aurait pu apparaître en clignotant cela aurait eu le même effet), qui auraient pu tourner à la brochette de clichés, mais qui nous les rendent finalement vite attachants. Le père Fromenger, qui dirige le séminaire des Capucins, voit sa personnalité dévoilée par petites touches, avec brio, grâce à une interprétation magistrale! Son face à face avec le cardinal interprêté par le formidable Michel Duchaussoy impressionne! Les divergences au sein de l’église (et leurs répercussions sur la vie au séminaire des Capucins) ainsi que le chemin vers la prêtrise de ces cinq jeunes semblent constituer la trame de ce début de saison.Ces jeunes vont être confrontés à la vie de groupe au sein du séminaire, aux conflits qui en découlent, mais ne sont pas pour autant hors du monde. Ils auront également à affronter leurs familles, la violence et la cruauté du monde extérieur. Et c’est aussi cet aspect qui est intéressant! Evidemment certains poncifs habituels ne sont jamais bien loin (l’ex taulard soupçonné immédiatement lors d’un acte malveillant...), mais certaines scènes vous surprendront (je pense particulièrement au début du second épisode)!

    La série fonctionne car elle nous emmène avec ces jeunes séminaristes, partager leurs doutes, leurs angoisses, leurs défis quotidiens, tout en répondant à certaines questions-quelque peu voyeuristes- inévitables. La série fonctionne également car elle met en place les ingrédients d’une intrigue crédible, capable de bouleverser le quotidien de tous les protagonistes, tout en créant des antagonismes forts et certainement germes de futurs affrontements. Les protagonistes risquent de nous apparaître rapidement bien plus troubles et moins manichéens! La série fonctionne et donne envie de revenir devant son écran par l’attachement qui nous lie rapidement aux personnages, notion bien évidemment subjective, mais oh combien importante! Et détail supplémentaire, la série possède un joli générique!

    Une série française, aura rarement été aussi prometteuse, bien que non exempte de défauts, reste à espérer que notre foi sera récompensée!

     

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