• S'il fallait obligatoirement choisir un camp entre Russell T Davies et Steven Moffat, mon coeur irait sans hésitation soutenir le grand Gallois. Oui, mon coeur. Car c'est bien de cela qu'il s'agit: Moffat est souvent trop cérébral et inutilement compliqué, pour moi. Mais parfois, entre deux incohérences temporelles, il parvient à me toucher et je crois, avec ce premier épisode de la saison 7, avoir compris pourquoi.

    Je n'aime pas Amy, ce n'est pas une nouveauté. Je trouve qu'"Eleventh Hour" est un épisode magnifique, j'aime l'enfant Amy, notamment grâce à l'actrice, mais je n'aime pas Amy. Que cela tienne à Karen Gillan est possible, mais je ne pense pas que cela soit la vraie raison. Après tout, j'ai peu d'affection pour Freema Agyeman mais je continue à penser que Martha avait un bon potentiel qu'un mauvais casting a sérieusement entamé.

    La Amy qui fait la moue en posant sous les flashs en ouverture d' "Asylum of the Daleks" m'a prodigieusement agacée. Ce que j'aimais chez les compagnes des Docteurs Nine et Ten c'est qu'elles faisaient "vraies". C'est après tout une tradition que de faire des compagnes des "personnages-relais" pour le téléspectateur. Mais Amy n'est jamais vraiment entrée dans cette catégorie. Amy n'est pas une enfant récupérée au hasard des pérégrinations du Docteur: elle est une gamine avec une faille temporelle dans sa chambre, qui a mené deux vies (une orpheline et une post-reboot de l'univers) et a accouché d'un bébé qui s'est avéré être sa meilleure amie. Amy ne fait pas "vraie". Mais d'un autre côté elle adopte les tics de la compagne habituelle: a une vie humaine et terrienne, un mari, est surprise face aux aliens, découvre l'univers avec le Docteur. C'est je pense dans ce paradoxe que se trouve ma difficulté avec le personnage.

    Je ne comprenais pas, jusqu'à ce premier épisode de la saison 7, pourquoi je n'arrivais pas à apprécier Amy, alors que River ou Mme de Pompadour sont pour moi de très belles réussites. C'est Oswin qui m'a ouvert les yeux. Les personnages féminins de Moffat dans Doctor Who ne sont jamais aussi bien écrits que lorsqu'ils sont extraordinaires. River, Time Lady éblouissante, Mme de Pompadour, mythe historique et un brin télépathe, Oswin, Soufflé-Girl au QI phénoménal enfermée dans un Dalek. (Et pas humaine, probablement. En tout cas pas terrienne.)

    Amy est un vestige. Un vestige de la période Russell T Davies et des années précédentes. Une construction pour moi branlante, à mi chemin entre la compagne classique et les personnages féminins merveilleux (dans tous les sens possibles du terme) de Moffat.

    Alors Oswin, Clara, quel que soit ton nom en définitive, ne regarde surtout pas en arrière. Rose, Martha et Donna ne doivent pas être tes modèles. Be magnificient, brillant and extraordinary in your own way. And make me cry. Parce qu'à la fin c'est tout ce que je demande. Moffat ou Davies, peu m'importe. Je veux juste ressentir.

     

    Oswin et les femmes de Moffat

    Et pour une critique de l'épisode, allez lire le toujours très impeccable Sullivan Le Postec

    Et à propos de l'espoir apporté par l'épisode, espoir d'un retour aux sentiments, lisez le très beau billet de ladyteruki (qui reflète très largement mon sentiment à ce sujet).


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