• Carnet ciné - STEVE JOBS (Danny Boyle)

    Si j'avais le goût du jeu de mots, j'aurais intitulé cette critique "Aaron Sorkin fait le Job(s)". (Get it?)

    Carnet ciné - STEVE JOBS (Danny Boyle)

     

    J'étais un peu gênée en sortant, n'arrivant pas à mettre le doigt sur ce qui a empêché le film de fonctionner totalement pour moi.

    La réalisation? Non, elle a ses moments, la caméra est efficace mais sait se faire oublier et on ne s'ennuie pas.

    Le scénario? Pas vraiment un problème: l'idée de découper le film en 3 séquences (trois coulisses de keynotes) avec des flash-backs entremêlés est ingénieuse et donne un point de vue original.

    Les dialogues? Sorkin reste un maître en la matière même si on l'a connu nettement plus inspiré.

    Je dois me rendre à l'évidence, mon problème avec ce film c'est le sujet. Si Sorkin réussit à faire de Jobs un portrait plutôt équilibré (penchant néanmoins du côté positif), il ne parvient à transmettre aucune fascination. Le fait de n'avoir jamais montré Jobs en train de créer est sans doute la raison principale de cette faille: le gourou d'Apple finit par n'apparaître que comme un super communiquant aux idées marketing et économiques ingénieuses et cyniques. Et pas comme un inventeur. C'est d'ailleurs rappelé dans le film à de multiples reprises: il ne crée rien, il orchestre. Son aura semble alors usurpée et ce n'est pas par sa personnalité qu'il peut être racheté: père maladroit voire médiocre, traître en amitié, ses névroses sont à peine effleurées et deviennent des excuses de psychanalyse de comptoir. Finalement, je suis sortie du film en me demandant quel était l'intérêt de passer deux heures à parler de cet homme. Son prétendu génie n'est pas démontré et sa personnalité ne suffit pas à en faire un personnage digne d'intérêt.

    Par comparaison, The Social Network, bien que mettant aussi un scène un type assez médiocre humainement, réussissait non seulement à nous démontrer qu'il était un génie mais offrait également le panorama d'une époque et d'une société. La faiblesse de Jobs tient peut-être à cette ultra focalisation sur le personnage principal, qui n'en méritait pas tant. J'aurais préféré un film du point de vue de son assistante, Joanna (interprétée par Kate Winslet).

    Peut-être Aaron Sorkin s'est-il reconnu dans Steve Jobs. Je vous conseille le portrait qu'en a dressé Nicolas Robert sur Allociné: il y montre que Sorkin a pour habitude de s'entourer de nombreux consultants et scénaristes dont il pique allègrement les idées qu'il s'approprie (et "améliore") et de deux-trois fidèles sans qui il ne serait pas grand-chose. Et ce sont justement les deux éclairages sur la vie de Steve Jobs retenus par le film...  On retrouve également dans son scénario, quelques-uns de ses gimmicks (comme le jeu sur les noms) ainsi que la focalisation sur la paternité.

    Steve Jobs est un film intéressant si vous vous intéressez au travail de Sorkin ou si vous êtes un adepte de Steve Jobs ou un amateur d'histoire industrielle/informatique. Mais si vous n'appartenez à aucune de ces catégories, je crains fort que vous en sortiez déçu...

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  • Commentaires

    1
    bernard
    Vendredi 11 Mars 2016 à 23:40

    Est-ce que tu avais vu l’autre film avec Ashton Kutcher ? Est-il mieux ? Perso, j’aime bien les produits Apple, mais de là à faire un film… je ne sais pas trop.

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